TRAQUE DES SANS PAPIERS
les maillages administratifs de la délation
“C’est un Sénégalais âgé de 22 ans environ, mesurant 1 m 80, portant des lunettes de vue rondes en métal. Cheveux crépus très courts, toujours bien habillé, parlant un français très châtié. Il dort le matin jusqu’à 12 heures au moins, et sort peu de peur d’être contrôlé par la police ». Voici comment en juin dernier une assistante sociale s’est transformée en parfaite agent d’une politique sécuritaire, en dénonçant à la police un homme rencontré au domicile d’une femme dont elle suit les enfants dans le cadre d’une mesure d’Assistance Educative en Milieu Ouvert
La traque des sans papiers organisée par L’Etat prend de multiples formes et s’appuie sur des collaborations dans les entreprises (Air France …etc) et les administrations locales. Le maillage administratif de cette politique se resserre et se perfectionne notamment dans le secteur social. Tout est fait pour généraliser la collaboration du travail social à la « gestion des flux migratoires » et pousser à la délation.
Le projet de loi d’octobre 2007 sur la « maitrise de l’immigration » voulait instaurer une interdiction pour les centres d’hébergement d’héberger des sans papiers et de les orienter vers d’autres lieux. L’article a été retiré suite à une mobilisation d’associations. Mais des pressions directes de certaines DDASS ont pris le relais pour exiger des centres d’hébergement qu’ils n’hébergent pas de sans papiers et les mettent à la rue.
S’il s’agit bien d’une politique offensive de l’Etat il ne faut donc pas sous estimer les collaborations actives de certaines DDASS et le zèle que mettent les préfectures à assurer les quotas d’expulsions. Les récentes interpellations de sans papiers dans des centres d’hébergements à Toulouse donnent le ton : si vous hébergez encore des sans papiers nous viendrons les chercher et dans les cas d’espèce une responsable du service des étrangers de la préfecture se déplacera pour s’assurer que la sale besogne est bien faite. Ces interpellations sont d’une extrême violence pour les personnes concernées et les travailleurs sociaux qui tentent comme ils peuvent de s’opposer. La résistance individuelle peut en effet couter cher, comme à Belfort où une Assistante Sociale n’a rien concédé lorsque la Police l’a placée en garde à vue et l’a sommée de donner le lieu d’hébergement d’une femme sans papiers qu’elle avait aidée.
Résistons ensemble aux injonctions à la délation et exigeons :
RÉGULARISATION DE TOUTES ET TOUS LES SANS PAPIERS
LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D'INSTALLATION
FERMETURE DES CENTRES DE RÉTENTION
Rassemblement
Jeudi 5 février - 18h - Place du capitole