La véridique histoire d'A., habitant d'Empalot (ou comment faire du chiffre)
A. est en France depuis le 16 juin 2001. Il vit en concubinage depuis bientôt 2 ans avec une française, lorsque le 11 février 2006, ils se marient civilement à la mairie de Toulouse.
Le 6 septembre 2006, A. a été arrêté une première fois, et placé en centre de rétention. Transféré au Mesnil-Amelot (près de Roissy), il était vraiment proche de l'expulsion, lorsqu'il a été
relâché le 26 septembre 2006, pour vice de procédure. Il aura fallu toute la mobilisation pour retarder son départ et permettre à son avocat d'empêcher son départ.
Un an plus tard, A. et sa femme préparent leur voyage au Sénégal : ils n'en peuvent plus de vivre dans la peur de l'expulsion (il a encore été interpelé, puis relâché au mois d'août...) et ils ont
décidé de se rendre à Dakar pour régulariser la situation, en revenant avec un visa. Ils ont mis toutes leurs économies pour payer les billets d'avion, ils partiront en novembre.
Mais le 3 septembre 2007, A. est de nouveau arrêté et placé en rétention. Le Comité organise un rassemblement dès le 5 septembre sur la place commerciale du quartier.
Il obtient l'assignation à résidence, et tout le monde espère que le Préfet "l'oubliera" jusqu'en novembre, puisqu'il a déjà son billet pour le Sénégal.
Mais entretemps, le Préfet se fait remonter les bretelles par le ministre des expulsions, Hortefeux : il n'a pas fait son chiffre ! Il n'a pas assez expulsé !
Alors le 15 septembre à l'aube, la police de l'air et des frontières débarque chez le couple, embarque A. et le met dans l'avion...
Et hop, un de plus pour remonter la moyenne du Préfet !
Et qu'importe
le coût de l'expulsion.
Evidemment, lorsqu'on est expulsé, (il faut dire "reconduit à la frontière" en langage technocratique, c'est moins violent sans doute) c'est beucoup plus compliqué d'obtenir un visa au consulat,
qui demande l'avis de la Préfecture...
Depuis maintenant bientôt trois mois, il attend.
Sa femme a passé le mois de novembre avec lui à Dakar et s'est démenée également auprès du Consulat, et ici, nous avons essayé de convaincre la Préfecture d'accélérer la manoeuvre.
Elle est rentrée à Toulouse... et lui est resté à Dakar.
Pourtnat, nous savions depuis le départ qu'il finirait par rentrer chez lui, qu'il en avait le droit (malgré toutes les restrictions législatives qui s'accumulent pour interdire aux étrangers de
vivre en France)
Epilogue :
Il aura fallu finalement 9 mois pour que notre voisin A. puisse rentrer chez lui auprès de sa femme.
Le refus de visa a été condamné par le Conseil d'Etat...
Mais A. a passé presque une année loin de chez lui, loin de sa compagne. Aujourd'hui, il vit en situation régulière, il peut enfin travailler normalement. Il est juste un peu agacé à chaque
contrôle d'identité... Mais ça c'est le lot de tous les immigrés, et lorsqu'on a des papiers, on se sent un peu moins en insécurité !